– Histoire des métamoteurs en ligne

Qu’est ce qu’un métamoteur ?

Les métamoteurs en ligne étaient des outils de recherche d’information sur le web capable d’interroger simultanément plusieurs moteurs et annuaires à partir d’une requête. Après interrogation, ils fournissaient aux utilisateurs une présentation structurée des résultats et organisaient les réponses selon des méthodes de classement spécifiques.

Ce type d’interface de recherche s’est développée dans la décennie des années 2000 avec la multiplication des moteurs de recherche concurrents (Altavista, etc…). Les métamoteurs ont aujourd’hui disparu sous l’effet de plusieurs phénomènes : l’abandon de moteurs de recherche concurrents de Google et surtout l’illégalité de leur fonctionnement. Dans l’affaire C‑202/12 (ECLI:EU:C:2013:850), la CJUE a jugé que le métamoteur se rapproche de la fabrication d’un produit concurrent parasite. Les outils comme Metacrawler, qui était le plus important méta-moteur de recherche, ne sont maintenant plus qu’un service sur un portail spécifique.

Pour conserver la mémoire de ces outils, vous trouverez ci dessous un descriptif de ces métamoteurs en ligne en les distinguant suivant leurs critères de présentation et d’exploitation des résultats :

  • présentation par clustérisation (regroupement des résultats selon des catégories)
  • présentation cartographique (réseaux, cartes)

Les métamoteurs à clustérisation

Trois métamoteurs se distinguent par leur fonctionnalité :

Yippy

Vivisimo,  racheté par IBM, a le premier mis en œuvre le classement automatique des résultats dans des clusters créés sur la similarité et la proximité des mots-clés.

Une requête sur son interface Yippy permet d’obtenir un ensemble de dossiers, représentant les catégories issues du résultat de la requête initiale : son point fort réside alors dans les possibilités d’affiner la recherche en précisant au fur et à mesure les thèmes demandés.

Les préférences autorise le réglage de nombreux paramètres dont le nombre de cluster à créer, la personnalisation des onglets…

Surfwax

Le développement de ce métamoteur a té arrêté en 2015. Il fonctionne encore mais de manière détournée : seul subsiste la recherche dans des fils RSS de journaux… L’originalité de Surfwax résidait dans son interface :

Lors d’une requête, la liste des résultats apparaît dans la fenêtre de gauche. Un click sur la loupe affiche un « instantané de la page », le « SiteSnaps » dans la fenêtre de droite : Une fonction d’analyse de contenu permet de voir un résumé de la page, le contexte de la requête, les points clés (phrases les plus pertinentes par rapport à la requête), les focus word (mots les plus importants de la page) et les frame links (principaux liens présents).

Allplus

Un métamoteur du troisième type est apparu en 2007. Il était basé sur l’interface classique de Polymeta, l’un des 1er moteur de recherche a avoir affiché les résulats par clustérisation.

Un onglet dénomé Cluster Graph, permet de visualiser le résulat de la clustérisation sous la forme d’un graphique constitué de liens hypertexte.

En mode graphique :

  • la shématisation n’introduit pas de hiérarchisé mais une distinction entre clusters principaux et secondaires (le poids des clusters est indiqué)
  • L’interface sous Java permet de naviguer en 3D avec effet loupe sur le cluster choisi
  • un cluster renvoie aux sites où le terme est cité en complément du terme recherché. Ainsi le cluster Gérard Genette est lié aux pages qui parlent de son ouvrage Palimpsestes (et non à l’ensemble des sites consacrés à Genette).
  • Un clic sur un cluster relance la recherche dans Allplus avec le terme qu’il contient.

Pour conclure Allplus est un moyen alternatif à la recherche sur google qui permet de « tomber » sur des résultats inattendus . Il ne semble pas encore être touché par le géomarketing. Le métamoteur a les défauts de ses qualités : l’information y est faiblement hiérarchisée…

Apparus à l’aube des années 2000, les métamoteurs cartographiques développent une approche intuitive et ludique de la recherche d’information. Leur interface présente (en ligne) les résultats de la recherche sous forme de cartes.

Les métamoteurs cartographiques

Kartoo

Kartoo est l’alpha et l’omega du genre : les résultats sont représentés par des sphères qui symbolisent les sites trouvés par le métamoteur et dont la taille varie en fonction de leur pertinence par rapport aux mots clés de la requête.

Si vous survolez les résultats, les mots clés apparaissent avec à gauche de l’écran une description du site : cet écran donne la possibilité d’obtenir le plan du site et de le surveiller !

Les sites sont reliés entre eux par des liens sémantiques. On peut affiner la recherche en cliquant sur les liens ou sur une série de mots clés. Une navigation par onglet permet de visualiser des résultats spécifiques.

Détails appréciables : des icônes en bas de l’écran de recherche relance une recherche par pays : un clic sur le drapeau italien renvoie aux sites italiens ( qu’ils soient en .it, .org, .com…). Il est aussi possible de personnaliser l’affichage des résultats et de l’enregistrer momentanément pour consultation ultérieure.

Mapstan

Mapstan Search est le concurrent de Kartoo. La mémorisation des résultats semble ëtre un point fort de ce métamoteur dont l’diteur vient de développer un pluggin gratuit pour IE : celui-ci permet de visualiser les réseaux de liens se rapportant aux sites sur lesquels l’internaute s’est promené et qu’il a enregistré dans ses favoris; Mapstan suggère alors de visiter des sites aux thématiques proches…